Restauration de la sculpture Le Signal au Havre

A l’entrée du port autonome du Havre, Le Signal – cette sculpture magistrale – trône face à la mer depuis 1960. Érigée par Henri-Georges ADAM, elle avait été commandée par l’Etat pour la terrasse du Musée-maison de la culture de la Ville, le MUMA. Entre octobre 2011 et mai 2012, un vaste chantier de restauration a été engagé par NOVBETON pour assurer la pérennité de la sculpture et lui rendre son aspect originel.

L’auteur Henri-Georges Adam était considéré de son vivant comme l’un des plus grands sculpteurs et graveurs français. Son œuvre havraise possède des mensurations généreuses. Elle est dotée d’une envergure de 22 mètres et d’un poids qui dépasse les 220 tonnes. Le Signal a été pensé en étroite collaboration avec les architectes du musée, qui savaient déjà où serait positionnée la sculpture : face à la mer. L’artiste a donc élaboré son projet autour de ces critères. En amont de son projet, Adam expliquait alors que :

« L’étude d’une maquette pour le musée du Havre se posait pour moi dans les conditions suivantes : trouver une forme plastique architecturale de dimension suffisante pour lier l’architecture du musée aux éléments maritimes du lieu. […] Un ciment blanc poli, dont la couleur et la valeur s’incorporeraient intégralement à la lumière particulière de cette contrée, offre pour moi la meilleure possibilité de réalisation. »

La particularité de cette œuvre repose sur le fait que la perception que l’on en a, diffère radicalement en fonction du point de vue que l’on adopte.

C’est à la fois un œil – nom sous lequel la sculpture est souvent désignée localement – et une sorte de coquillage. L’auteur avait tiré son inspiration principalement de la nature, des éléments végétaux et des minéraux. Pour la petite histoire, c’est d’ailleurs une œuvre en granit noir, intitulée Coquillage marin, exécutée en 1955, qui fut à l’origine de sa réflexion pour Le Signal. Celui-ci se présente comme une forme aux multiples plans droits, aux arêtes vives, à laquelle les obliques donnent une présence mouvante malgré sa monumentalité.

Après des études d’ingénieur avancées, pour déterminer entre autres choses les mesures d’un socle capable d’assurer la stabilité d’une œuvre présentant un porte-à-faux aussi audacieux, le chantier débutera en 1959 et s’achèvera en 1960. La sculpture, partie intégrante du bâtiment, sera inaugurée par André Malraux, premier ministre de la Culture, le 24 juin 1961.

Description du Projet de restauration par Novbeton

Dans le souhait de conserver cette œuvre majeure du patrimoine de la sculpture Française, un important chantier de restauration s’est tenu entre octobre 2011 et mai 2012. Au fil des ans les ions chlorures, très présents en ambiance marine, avaient pratiquement atteint les aciers. Le risque de corrosion était très élevé.  

Même si elle ne se manifeste pas forcément à l’œil nu, une déchloruration a été menée par les équipes de NOVBETON. Cela consiste à extraire les ions chlorures à l’aide d’un courant électrique continu circulant entre les armatures du béton et un grillage anodique apposé temporairement sur le béton, dans un milieu électrolytique de pâte de cellulose assurant le contact et le piégeage des chlorures. L’installation du procédé a duré environ trois semaines. Cette action était particulièrement délicate dans la mesure où il ne fallait pas percer le parement pour agrafer le procédé.

Une ossature servant à tenir le grillage anodique a été sanglée sur l’entièreté de la surface, le grillage en titane, choisi pour son caractère inoxydable afin d’éviter les coulures de rouille sur le parement a ensuite été tendu sur cette ossature. Enfin la pâte de cellulose humide a été projetée sur l’ensemble. Le traitement sous courant continu proprement-dit a duré environ six semaines. Des essais de titrage des chlorures ont été conduits avant, pendant et à l’issue du traitement pour s’assurer qu’aucune teneur en chlorure n’excédait les 0,4% du poids de ciment contenu dans le béton comme les normes le stipulent. Une fois ces vérifications effectuées, le Signal a été dépouillé de sa robe de cellulose et titane temporaire. Le parement a subi un nettoyage approfondi, un colmatage des fissures apparentes et une harmonisation des réparations à la teinte d’origine. Le montant des travaux avait atteint 374 300 €.

Un coût à la hauteur des enjeux de restauration liés à cette oeuvre incontournable de la ville portuaire.

 

2018-09-17T16:10:49+02:00