L’église Saint Chrysole à Comines

L’église Saint Chrysole à Comines est à la fois une curiosité architecturale, avec ses inspirations musulmane, Byzantine et Flamande, mais aussi technique. En effet, à l’époque de sa construction (1925 à 1938), les matériaux utilisés étaient novateurs. Si sa structure est faite de béton, c’est la brique et la céramique qui habillent l’édifice religieux.
Mais les infiltrations et le temps ont bien failli avoir raison de ce bâtiment hors-norme.
C’est ainsi qu’en 2009, sous l’impulsion des conseillers municipaux, le sauvetage de l’église fut décidé.
Il a fallu, bien entendu, entreprendre des travaux sur le béton comme Novbeton a l’habitude de le faire lors de ses nombreuses réparations de bâtiments anciens. Et dans le cas présent, c’est la réalcalinisation ainsi que la mise en œuvre d’un inhibiteur de corrosion qui ont été utilisés.

L’histoire de l’église Saint Chrysole

Il n’y a pas eu une, mais plusieurs églises avant de voir l’édifice actuel construit.
Saint Chrysole est un des missionnaires qui a porté la parole de l’évangile en Ménapie. Selon la légende, il aurait voulu fonder un sanctuaire chrétien à Comines au 3e siècle. Au 18e siècle, une première église en bois est construite, de façon provisoire. Mais le site est très souvent inondé. Ainsi, en 1825, la première pierre d’une nouvelle église fut posée. On lui donne le nom de Saint Chrysole, en hommage à l’émissaire. Malheureusement, elle est rapidement trop petite pour accueillir les fidèles. De plus, à cause des inondations, elle est souvent inaccessible.

C’est ainsi que fut décidé d’implanter un nouvel édifice, dans un endroit plus sécurisé, qui sera inauguré en 1912.
Jouant décidément de malchance, cette église est réquisitionnée par les Allemands durant la guerre afin de stocker leurs munitions et le matériel. En 1915, les bombardements britanniques la détruisent. En 1922, la construction d’une nouvelle église débute, et c’est l’architecte Maurice Storez ainsi que le moine Dom Paul Bellot qui s’occupent de sa conception. Storez voulait un bâtiment en brique, tandis que Dom Bellot s’est inspiré de l’église Saint Jean de Montmartre, à ossature en béton armé. C’est sa proposition qui est retenue, même si on peut voir la touche de Storez dans les briques vernissées. Elle sera achevée en 1938, soit neuf ans après sa consécration.

Un chantier de grande envergure

Pas moins de 20 entreprises se sont portées volontaires afin de sauver l’église Saint Chrysole d’une destruction programmée. Un budget conséquent est dégagé, dont la moitié a été pris en charge par l’état. L’autre partie de l’argent a notamment été récolté par mécénat populaire. On doit cette prise en charge à la Fondation du patrimoine, qui a pour mission de sauvegarder et valoriser le patrimoine de proximité. Enfin, la bonne volonté de tous les intervenants, ainsi que celle de la population très attachée à son église ont contribué à sa réfaction. Car elle n’est pas seulement un refuge religieux. Elle fait partie intégrante de la ville industrielle. Elle participe également à redonner de l’éclat à une commune qui se remet de la guerre et qui se doit de se reconstruire.

Objectif : restauration de l’église Saint Chrysole

Si le plan initial prévoyait plus de faste, les finances de l’époque n’ont pas permis de laisser libre cours à l’imagination des architectes. Ainsi, le maître autel a été modifié, et des économies furent réalisées sur la qualité du béton d’enrobage et de l’acier. L’étanchéité des terrasses laissait également à désirer.
Résultat : toutes ces « malfaçons » entraînent inévitablement des soucis d’infiltrations, le mortier des joints n’étant plus étanche. Le béton, dont le pH initial est de 13, s’est acidifié, ce qui a provoqué une corrosion des aciers. C’est ce qu’on appelle communément : la carbonatation du béton.

L’acier des armatures du béton armé se met à corroder, à gonfler, faisant apparaître des fissures et éclater le béton.
Pour éviter que le phénomène ne s’étende à toute la structure, il faut réagir vite et employer des techniques chimiques ou éléctrochimiques telles que l’application d’un inhibiteur de corrosion ou encore la réalcalinisation.
Cette méthode électro chimique est très efficace. Elle présente l’avantage de ne pas avoir besoin de détruire la structure pour pouvoir traiter ou remplacer la carcasse en acier, ce qui occasionnerait des travaux plus importants et plus coûteux.

Des travaux en plusieurs phases

Au vu de l’état de l’église Saint Chrysole, la démolition a longtemps été envisagée. Son sauvetage ne tient qu’à la bonne volonté des différents acteurs ayant participé à sa restauration (état, mairie, mécènes…).
Il n’est donc pas étonnant que les travaux durent plusieurs années.

La première phase concerne le clocher. En effet, la structure devait être réhabilitée pour soutenir tout le reste. Un paratonnerre tout neuf est également posé.

La deuxième phase concerne la façade Ouest (parements en béton, briques et parpaings), mais également la peinture et les vitraux de la nef et du baptistère.

Comme sur les autres phases, on retrouve le traitement du béton en troisième phase. Mais aussi la pose de 52 000 carreaux de faïence sur le dôme. Les quatre tours sont réparées et l’électricité est revue.

La quatrième phase concerne le chœur, avec la réfection du béton extérieur, la restauration des vitraux ainsi que la peinture. Les briques et les parpaings colorés ont également été remplacés.

Enfin, la restauration de la chapelle de semaine, de la sacristie ainsi que la remise en place du chœur dans sa configuration d’origine et le remplacement de la menuiserie ont achevé la restauration et redonné tout son cachet à l’église.

Novbeton est spécialisé dans la restauration des bâtiments anciens. Maîtrisant aussi bien les techniques anciennes que contemporaines, nous apportons notre expertise au service de vos édifice. Qu’ils soient classés ou non, pour leur redonner vie et leur splendeur d’origine.

2020-02-17T10:02:50+01:00