La déchloruration

Notre récente intervention sur le viaduc du Cerset en Haute-Savoie est l’occasion de présenter plus précisément la technique de la déchloruration mise en œuvre sur ce chantier par Novbeton.

Déchloruration : introduction

Comme son nom le laisse à penser, la déchloruration consiste à extraire des bétons les ions chlorures qui s’y sont infiltrés au cours du temps. Dans le cas de notre chantier, les sels de déverglaçage, d’utilisation fréquente dans cette région montagneuse, en sont la source. Les principales autres origines de pollution par les ions chlorures dans le béton peuvent être liées soit à un environnement marin (chlorures apportées par les embruns) soit à l’utilisation d’adjuvants tels que des accélérateurs de prise au moment du coulage.

Les chlorures sont d’autant plus nocifs pour les armatures que leurs attaques sont invisibles. En effet, elles se caractérisent par des piqûres au droit des aciers qui ont pour conséquence de le dissoudre pouvant même aller parfois jusqu’à le rompre.

Sans effectuer de prélèvements et d’analyses en laboratoire au cours d’un diagnostic préalable, il est donc difficile de déceler une attaque par les chlorures car la dissolution de l’armature ne provoque pas de signes extérieurs visibles (tels que des gonflements qui mèneraient à l’éclatement du béton de peau).

Béton contaminé par les chlorures sur l'armature

Déchloruration : description

Pour endiguer cette pollution, il faut faire migrer les ions chlorures vers l’extérieur du parement, de manière à rendre aux armatures un environnement sain. Cette migration va se faire par le biais d’un procédé électrochimique temporaire, c’est tout l’enjeu du traitement de déchloruration.

Ainsi, un courant électrique est appliqué entre les armatures du béton et un treillis soudé en titane positionné à la surface du béton.

Installation du courant électrique lors d'un procédé de déchloruration

Par quelques ouvertures dans le béton, on raccorde une des bornes de notre générateur de courant aux armatures. L’autre borne est reliée au treillis. Ce treillis n’est pas en contact direct avec le béton. On projette en effet de la pâte à papier humide sur le béton, de manière à envelopper l’ensemble du treillis. Cette pâte à papier permet d’une part de créer un contact uniforme entre le treillis et le béton, et d’autre part d’améliorer la conductivité du béton en augmentant son taux d’humidité. Cela favorise ainsi la circulation du courant entre les armatures et le treillis, et de ce fait la migration des ions chlorures. Ceux-ci sont en effet porté par le courant vers le treillis, libérant ainsi le béton de cette présence pathogène. L’utilisation d’un treillis titane est indispensable pour effectuer cette opération. En effet, le titane étant une matière fortement résistante à la corrosion, celui-ci est moins impacté par la forte concentration de chlorures à laquelle il se trouve confrontée durant le traitement.

Tout au long du traitement, l’intensité du courant appliqué est mesurée quotidiennement en suivant une stricte procédure de contrôle. Une ré humidification de la pâte est également réalisée de manière quotidienne et ce tout au long du traitement, qui dure généralement de 3 à 5 semaines. Le temps global de traitement devra être adapté à l’ouvrage à traiter en fonction de plusieurs paramètres dont la porosité du béton ainsi que les taux de chlorures en présence. A son issue, le treillis et la pâte à papier sont déposés, conservant ainsi l’aspect originel du parement, tout en augmentant considérablement sa durée de vie.

Des prélèvements par percement en cours et en fin d’opération viennent alors confirmer la bonne efficacité du traitement, après analyse par un laboratoire indépendant.

 

2018-06-25T09:57:09+01:00