Intervention sur le Viaduc du Cerset

Novbéton, spécialiste du traitement des bétons, est intervenu sur le Viaduc du Cerset – ouvrage d’art du réseau Area – dans le cadre d’une décontamination de ses culées, polluées par des chlorures. En cause : les sels de déverglaçage routier utilisés en période hivernale. Voici un compte rendu des travaux de déchloruration qui ont débuté en octobre 2017 et qui viennent de s’achever.

Installation du procédé

En amont des travaux, il a fallu préparer les culées du viaduc à recevoir le traitement. Par exemple, des éléments métalliques ont été déposés ou isolés de manière à ce qu’il n’y ait pas de pont électrique parasite avec le traitement. Nous avons aussi effectué un repérage des aciers à l’aide d’un Ferroscan. L’emplacement des armatures a donc été repéré ainsi que les profondeurs moyennes d’enrobage et leurs espacements. Cela a pu permettre entre autre, de calculer la surface d’acier que nous avions à traiter ou encore de ne pas endommager une armature lors des prélèvements effectués pour les besoins du traitement. La surface d’acier obtenu après calcul, a permis de calculer l’ampérage à appliquer pour traiter la structure.

Il a fallu aussi – avant de débuter le chantier – effectuer des prélèvements pour déterminer le taux de chlorure initial. Cela a été rendu possible par le percement par pas de 2 cm, jusqu’à ce que l’on atteigne la profondeur des armatures (soit environ 6cm). À la suite de cela, six autres prélèvements ont été réalisés par culées. Voici un schéma qui montre les emplacements précis :

Arrive ensuite la phase d’installation des cathodes. Dans le cas de la déchloruration, les cathodes du traitement sont en fait les armatures du béton. Pour le viaduc, nous avons installé huit cathodes par culée. Après le repérage des armatures au Ferroscan, le béton a été dégagé localement au droit d’un nœud d’armature, avant d’y brancher le fil électrique raccordant la cathode à l’alimentation.

La pose du grillage est la suite du procédé d’installation. Il a le rôle d’anode dans la réaction de déchloruration. Celui-ci est en titane et il permet de résister le plus possible à l’agression des chlorures qui vont être extraits des parements au cours du traitement. Il doit être séparé du parement par la pulpe de cellulose. C’est pourquoi, lors de sa mise en place, un soin tout particulier est apporté afin d’éviter le contact du grillage sur le béton. Le grillage sera ensuite raccordé à l’armoire électrique via 24 anodes.

L’étape suivante est celle de la projection de la pâte de cellulose sur le support. La pâte permet d’imprégner en continu le support en eau, pour que la réaction se fasse correctement. Puis enfin, c’est la mise en route ! Une fois la pâte projetée et le béton imprégné en eau, l’installation est mise en tension, le traitement de déchloruration peut débuter !

 

Traitement de déchloruration 

Il y a dès lors deux grandes phases à respecter : le contrôle journalier et les prélèvements et analyses des taux de chlorure. Dans un premier temps, pour que ce traitement fonctionne correctement, la pâte de cellulose doit rester humide. Nous l’avons donc arrosée quotidiennement pendant toute la durée du traitement. Il faut savoir que l’humidité facilite et permet la migration des ions chlorures du béton vers le treillis.  Par la suite, la bonne marche à suivre a été de vérifier après chaque arrosage, le courant circulant dans chacun des câbles alimentant les anodes et les cathodes.

Le deuxième point, c’est celui des différents prélèvements qui ont été effectués pour suivre l’évolution du taux de chlorure dans le parement.

Plusieurs facteurs rentrent en compte pour l’analyse de ces prélèvements et sont importants à prendre en compte pour l’interprétation des résultats obtenus. Le béton est notamment un milieu très hétérogène. Ainsi entre deux prélèvements distants de quelques dizaines de centimètre, les taux sont susceptibles de fluctuer.

Il y aussi le fait que le traitement repose sur la migration des ions chlorures entre le parement et le grillage, selon le champ électrique produit par l’installation. Ce champ électrique, représenté ci-contre, n’est pas linéaire entre les pôles positifs et négatifs. Ainsi, le chemin de la migration des ions peut conduire les taux de chlorures à varier localement. L’essentiel étant de s’assurer in fine, que les taux soient bien au voisinage des teneurs acceptables. Ce point a bien entendu été vérifié.

À l’issue des différentes campagnes de prélèvement, nous avons atteint un taux de chlorure inférieur au taux acceptable de 0,4% de la masse de ciment, et inférieur dans tout cas isolé au seuil de 0,8% de la masse de ciment. Le traitement ayant rempli son rôle de réduction des taux de chlorure, l’installation a pu ensuite être démontée.

2018-04-06T15:38:46+00:00